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Transition écologique
Solidarités

Florence Jardin : « Les territoires urbains ont les atouts et le savoir-faire pour être les acteurs de la relance »

15/09/2020

Florence Jardin, élue présidente de la communauté urbaine du Grand Poitiers, a accordé un entretien à France urbaine HEBDO.

La pandémie de Covid-19 a sévèrement touché notre pays, comme l’ensemble des pays du monde. A crise inédite, organisation inédite mais c’est aussi un saut dans l’inconnu, qui a bousculé notre manière de vivre et notre façon de faire de la politique. Selon vous, qu’a révélé la crise sanitaire de Covid-19 dans les relations entre l’Etat et les collectivités ?

Cette crise a révélé la façon dont les relations entre l’Etat et les collectivités locales devraient être. L’Etat, par la loi, a posé un cadre dans tous les secteurs d’activité. Les collectivités locales, quant à elles, les appliquent et les ajustent en fonction de leurs spécificités locales, qu’elles soient géographiques, sociales ou économiques. Par leur proximité avec les citoyens et les différents acteurs du territoire, les élus locaux sont les plus à mêmes de répondre concrètement aux conséquences de la crise sanitaire, par exemple dans l’assistance aux personnes âgées, handicapées et vulnérables, l’approvisionnement des villes via la logistique urbaine, l’innovation sociale et citoyenne telle que la mise en place de denrées alimentaires pour les personnes précaires. Cela a fonctionné. La réactivité des élus locaux et leur connaissance du territoire sont la clé. La crise sanitaire n’est pas encore derrière nous. Il faudra désormais veiller à ce que cette logique perdure dans le temps mais je reconnais que le retour du couple maire-préfet est un duo qui fonctionne. Il y a eu, sur le territoire de la communauté urbaine du Grand Poitiers, un véritable dialogue et une complémentarité intéressante permettant ainsi d’être réactifs et souples dans la décision.


"La réactivité des élus locaux et leur connaissance du territoire sont la clé." Florence Jardin

Le gouvernement a présenté son plan de relance de 100 milliards d’euros. Quel rôle les territoires urbains peuvent-ils jouer dans la relance et le « monde d’après » ?

Les territoires urbains ont à la fois les atouts et le savoir-faire pour être les acteurs de la relance. Lieux de solidarité, d’innovation et de proximité, ils rassemblent tous les acteurs qui font vivre le territoire et ils participent au rayonnement de celui-ci. Il ne faut pas perdre cette logique, et même l’amplifier. Nous devons être prêts à accompagnement l’innovation, accueillir les entreprises qui souhaitent se relocaliser en France, permettre le développement des innovations locales, par la coopération au lieu de la dépendance et ce, dans tous les domaines : développement économique, mobilités, solidarités…
Un territoire n’est jamais exclusivement urbain. La ville centre, la communauté urbaine, ont les moyens humains, financiers mais aussi les compétences juridiques pour accompagner l’ensemble des communes notamment rurales de son territoire et les acteurs locaux, dans une logique d’Alliance des territoires par différents leviers qui peuvent prendre des formes diverses, comme les pépinières d’entreprises par exemple. Les territoires urbains ont une responsabilité importante : assurer la solidarité entre les territoires et les accompagner au quotidien.
 

"Les territoires urbains ont une responsabilité importante : assurer la solidarité entre les territoires et les accompagner au quotidien."
Florence Jardin

Vous venez d’être élue présidente de la Communauté urbaine du Grand Poitiers. Quelles sont les priorités de votre mandat ?

L’une des priorités réside dans la réorganisation de la gouvernance de la communauté urbaine. Par l’écoute et la transversalité, je souhaite ainsi favoriser le dialogue et donner une impulsion nouvelle. La communauté urbaine est composée de 40 communes, de différentes tailles, avec leurs propres spécificités, leurs propres projets municipaux. Je souhaite un territoire plus efficient, plus à l’écoute des maires et qui sait s’adapter, pour ne pas reproduire ce que l’on reproche souvent à l’Etat : un schéma descendant qui ne prend pas en compte l’avis des acteurs du terrain. Nous réunirons prochainement les élus du territoire lors d’un séminaire pour partager et définir ensemble une feuille de route pour la communauté urbaine.
Je souhaite également faire de la transition écologique et des solidarités les pierres angulaires de mon mandat, en les plaçant au cœur de mon projet de territoire. La transition écologique doit être accélérée, en transversalité et en concertation et ce, dans toutes les politiques publiques : mobilités, rénovation des bâtiments, éducation, gestion des déchets… Idem pour les solidarités : dans une logique de transversalité aussi, vis-à-vis des habitants et des communes, en développement au plus près du terrain, un projet d’accompagnement des élus, des services et des habitants.