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Culture
Education

Retour sur les premières assises nationales de l'éducation artistique et culturelle

04/07/2019

Les premières assises nationales de l’éducation artistique et culturelle (EAC) se sont tenues le 3 juillet 2019 à Metz.

Ouvertes par le maire de Metz, Dominique Gros, le président de la métropole de Metz, Jean-Luc Bohl et la DRAC du Grand Est, Christelle Creff, ces assises avaient pour objet de faire un point sur la généralisation du 100% EAC, objectif ministériel depuis de nombreuses années. Cet objectif est aujourd’hui décliné au sein de dix villes laboratoires : Metz, Bessancourt, Cannes, Carros, Château-Arnoux-Saint-Auban, Château-Thierry, Guingamp, La Courneuve, Quimper et Saint-Brieuc, qui ont été désignées par les ministères de la Culture et de l’Éducation nationale et de la Jeunesse en septembre 2018 pour devenir des « laboratoires 100% EAC » dans le cadre gouvernemental « À l’école des arts et de la culture ». L’objectif étant que 100% des enfants bénéficient d’un projet structurant chaque année, en lien avec les acteurs culturels, et la fréquentation des œuvres, d’ici à 2020.

François Deschamps, consultant après avoir été directeur des affaires culturelles de nombreuses collectivités, et très investi sur l’EAC depuis de nombreuses années, était le grand témoin de cette journée qui a vu se succéder sur les tables rondes outre des élus locaux, tels Hacène Lekadir, adjoint au maire de Metz et grand organisateur de cette journée, ou Benoit Careil, adjoint à la maire de Rennes, une représentante du Haut Conseil de l’Education Artistique et Culturelle (HCEAC), des chercheurs en sciences de l’éducation ou en psychologie de l’enfant, des artistes, des enseignants, l’inspection générale de l’éducation nationale, ou encore des experts du sujet tels Olivier Mérot, co-auteur du rapport INET/France urbaine intitulé « Réussir la généralisation de l’EAC ».

Divisée en trois tables rondes, la journée s’est articulée autour des « enjeux et impacts de l’EAC », de la « coordination des projets d’EAC » et de « l’élargissement de l’accès de l’EAC aux territoires ». L’occasion de revenir sur les actions structurantes mises en œuvre à Metz ou ailleurs, mais aussi de rappeler les dix principes fondamentaux présents dans la charte de l’EAC élaborée par le HCEAC : l’accessibilité, le triptyque fréquentation des œuvres / rencontre avec les artistes / pratique artistique, l’éducation à l’art, l’éducation par l’art, la prise en compte de tous les temps des jeunes, l’objectif de meilleure appréhension du monde contemporain, l’engagement mutuel des différents partenaires, la dynamique de projets associant ces partenaires, la formation des acteurs et les travaux de recherche et d’évaluation qui doivent étayer les actions d’EAC.
Les nombreux intervenants sont revenus à plusieurs reprises sur l’importance d’utiliser les ressources de son territoire, l’inscription des projets localement étant aussi importante que la stimulation par les dispositifs des collectivités. La durée d’un programme éducatif implique par ailleurs de résister aux changements politiques par des conventionnements avec l’Etat ou avec d’autres acteurs, puisque les politiques culturelles mettent du temps à se construire. Les difficultés entre les ministères, entre les collectivités, au sein même des collectivités, sont autant d’autres défis à surmonter.

Les enjeux de formation des artistes ou des médiateurs ont été évoqués. En effet, les études menées par les chercheurs ont montré que chez les enfants de moins de 10 ans comme chez les adolescents, être en contact avec un artiste ouvre sur l’idée que l’échec peut être source de créativité, et en conséquence renforce la confiance et l’estime de soi. Les études ont aussi montré que par le biais de l’EAC les enfants passent de la matière brute à la pensée, et vont entrer dans le processus de subjectivisation qui leur permettra de prendre en considération l’autre malgré sa différence. La formation des médiateurs est ici essentielle : on n’agit pas de la même manière avec des enfants et des adolescents, parce que leur développement psychologique n’est pas au même stade. L’art est découverte pour le petit enfant, pendant qu’il est chez l’adolescent objet de relation, qui lui permet notamment d’apaiser ses angoisses de la rencontre avec l’autre sexe. Il est donc important que les artistes qui ont l’expérience des relations avec les enfants puissent aider les primo-intervenants.
Une deuxième journée nationale de l’éducation artistique et culturelle est envisagée en 2020.
Metz, laboratoire 100% EAC